Artiste visuelle suisse d’origine colombienne, Angela Saavedra développe une pratique traversée par les notions de déplacement et de migration traversée par une négociation constante entre territoires, langues et imaginaires culturels. À travers un langage oscillant entre abstraction et figuration, son travail explore les transformations de l’identité dans des contextes de passage.
Ses œuvres abstraites récentes laissent émerger, de manière presque involontaire, des traces d’origine et de multiplicité culturelle. Des fragments textuels, comme altérés par le temps, traversent la surface picturale et évoquent un sentiment d’appartenance à la fois diffus et incertain. Par une approche à la fois critique et poétique, Angela interroge l’ambiguïté de l’identité dans un monde globalisé, ainsi que la fragilité des représentations au sein de la culture visuelle contemporaine.
AU SUJET DE L’ŒUVRE «PORTRAIT DOUBLE DE L’ATELIER DE MON PÈRE»
Angela présente deux œuvres abstraites inspirées par la thématique de l’exposition Night et par la pensée du philosophe et théologien danois Søren Kierkegaard : « When in the dark night of suffering sagacity cannot see a handbreadth ahead of it, then faith can see God, since faith sees best in the dark. »
Ce travail interroge la foi non pas comme une croyance, mais comme un mode de perception qui émerge lorsque la souffrance dissout l’illusion de contrôle et que la raison atteint ses limites. La raison demeure partielle ; la foi, elle, ne relève pas de la clarté, mais de la traversée de l’obscurité. Dieu apparaît ici moins comme une entité que comme une construction à la lisière de l’incertitude radicale. Lorsque la vision échoue, une autre forme de perception s’active — non intellectuelle, mais opérative, presque subconsciente. La foi devient ainsi un outil perceptif permettant de maintenir un sens lorsque tout cadre de référence vacille.
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