Née en 1991, Lara Paratte vit et travaille à Delémont. Son parcours académique débute par un Bachelor à l’École de design et haute école d'art du Valais (EDHEA), suivi d'un Master à la HEP-BEJUNE à Bienne pour l'enseignement des arts visuels. En 2020, elle approfondit sa recherche en obtenant un Master of Fine Arts à la Haute école d’art de Bâle. Depuis, elle mène de front sa pratique artistique personnelle et sa carrière dans l'enseignement. Très investie dans le tissu culturel régional, elle est également co-directrice de Visarte Jura depuis 2025.
« J’aime mélanger différents médiums comme le dessin, la peinture, le numérique... Très vite, dans mon travail, mon intérêt s’est reporté sur le rapport qu’entretient l’humain avec la nature, son besoin de domination sur le végétal et l’animal, quand bien même il s’agit de sauver des espèces. C’est ainsi que la nature a pris une place de plus en plus importante dans mon art, tout en gardant un oeil critique et interrogatif sur ce qu’il s’est passé dans l’histoire et ce qu’il se passe aujourd’hui encore dans la relation entre la nature et l’humain. »
AU SUJET DE L'ŒUVRE
« Isberg » se compose de deux photographies numériques en grand format qui semblent plonger le spectateur au cœur d’une exploration sous-marine, dans un univers de grottes glacières. Pourtant, ces images sont le résultat d’une mise en scène minimale : de simples glaçons colorés à la gouache blanche et à l’écoline bleue, photographiés à l’aveugle dans l’obscurité totale d’une chambre aux stores fermés, à l’aide d’une lampe frontale.
Au-delà de la simple volonté de tromper le spectateur sur la nature d’un lieu ou d’un objet en modifiant son échelle initiale, Lara Paratte introduit ici la notion de glace artificielle. Elle met en scène une inversion des forces naturelles en plaçant l’humain dans une posture de contrôle et de domination face à l’élément de glace.
Dans cette démarche, le rôle de l'artiste s'avère lui aussi mensonger. Elle feint d'adopter la posture de la photographe aventurière alors que son protocole se cantonne à l'espace intime de sa chambre. Installée au sol, elle réalise ses prises de vues à l'aide d'un matériel rudimentaire, presque dérisoire (excepté l’appareil photo), jouant ainsi avec les codes du simulacre.
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